Sport - RUGBY

Publié le 12/01/2011 | 14:48

Mikaele Tuugahala, le rugby militant

Par La1ere.fr (avec Reuters)

Ancien militaire, le pilier du Racing-métro 92 Mikaele Tuugahala, est aujourd’hui l’un des hommes de base de la réussite du club de rugby parisien, actuel deuxième du Top 14. Portrait.

Dans le top 14, Mikaele Tuugahala est réûté pour son jeu défensif ici face à Naël Moinot de Bourgoin - BERTRAND LANGLOIS ©AFP Mikaele Tuugahala, c’est d’abord un physique. Imposant. 1m87, 114 kg. Son passif de militaire ne fait pas de doute, ses origines wallisiennes non plus. Ses tatouages polynésiens sur son bras droit sont là pour le rappeler. Dans un club où figure Sébastien Chabal, ses muscles, ses cheveux longs et sa barbe d’homme des cavernes, le pilier n’a pas à se cacher. Pourtant, de nature discrète, il est loin de l’engouement marketing régnant autour de son coéquipier. Arrivé en 2007 au Racing-Métro, il s’est fait doucement et tranquillement sa place au sein de l’effectif du club des Hauts-de-Seine. "En ce moment, cela se passe très bien pour moi", dit-il. Pour lui et pour son club, invaincu depuis la treizième journée aussi qui est deuxième du Top 14 derrière le Stade Toulousain. Le Racing reste d’ailleurs sur deux succès à domicile, face à Toulon (15-12) et Montpellier (28-16).
"Personnellement, je sens que cela va de mieux en mieux. Grâce à la concurrence ici, je continue de progresser", insiste le natif de Wallis-et-Futuna. A 34 ans alors qu’il n’a que 13 ans de rugby derrière lui. "J’aurai aimé commencer le rugby plus tôt car je n’ai touché mon premier ballon qu’à 21 ans", raconte-t-il. Des débuts à l’AS Paita, un tournoi des DOM-TOM à Bordeaux en 2001 pour se faire remarquer et un envol pour la Métropole, à Mont-de-Marson avec deux coéquipiers de la sélection néo-calédonienne, dont son cousin Jocelino Suta, aujourd’hui à Toulon. Durant sa période landaise et malgré cette nouvelle carrière qui commence, il garde en parallèle son activité militaire. Ce n’est qu’en 2007 qu’il jette définitivement le treillis pour l’ovalie en intégrant les rangs de l’effectif parisien.

Développer le rugby à Wallis
Le changement n’a pas été compliqué à digérer. Tuugahala a imposé son physique et son sens du jeu. "Je préfère la mêlée car c’est le secteur où je suis le plus regardé après la défense", indique l’international militaire (6 sélections). Il a ouvert la voie aux Iliens dans le Top 14. Tous ces joueurs aux physiques de déménageurs partagent le même goût pour le combat. "Il faut tuer l’adversaire pour gagner", assène-t-il sans que l’on sente une once d’agressivité dans sa voix. "Il faut avoir envie de passer sur son vis-à-vis. Chacun a son petit truc pour se motiver, moi, j’ai envie de donner plus. Avec l’envie de gagner" ajoute le Wallisien.
Cette motivation, cette envie, ce goût pour le combat caractérise l’ancienne comme la nouvelle génération d’Iliens de l’élite, comme Aliki Fakaté à Montpellier ou Laurent Simutoga à La Rochelle. Pionnier, Tuugahala veut contribuer à l’essor du rugby sur son île natale (il y envoie des équipements du club francilien) et espère que son parcours donnera des idées aux plus jeunes. "La nouvelle génération fait plaisir. J’aimerais voir encore plus de joueurs de là-bas. J’espère servir d’exemple pour attirer les joueurs de Wallis et Futuna mais le rugby y progresse lentement car nous n’avons pas forcément les structures avec un seul terrain à Wallis". En attendant, il défiera dès vendredi le Clermont Auvergne lors de la 5e journée de H Cup.

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